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La vie... la vie

 Bulletin des Équipes Notre-Dame du Secteur de Montréal

Mars 2010 - volume 9 n° 1

 

 

Bonjour à tous,

Voilà. Le dernier numéro de La vie... la vie vous est finalement parvenu. Ce ne fut pas facile à achever, le temps et les tempêtes de la vie y sont sûrement pour quelque chose. La vie va et vient, elle passe, elle nous dépasse. C’est autant dire pour Dieu. 

Comme l’ont mentionné Arnaud et Nathalie au dernier numéro, ce bulletin est votre bulletin. Donc, nous comptons toujours et encore sur vos suggestions pour le rendre toujours plus intéressant.

Merci à tous ceux qui nous ont transmis de l’information et des nouvelles.

N’oubliez pas de nous faire part de vos remarques afin d’améliorer son contenu.

Bonne lecture!

Claire Lutz et José I. Sierra*

 

SOMMAIRE:

p. 3 - Message des responsables du secteur

p. 4 - Fête patronale du 5 décembre 2009 

p. 5 - Résumé de la journée de travail du 7 novembre 2009

p. 8 - Rapport financier

p. 9 - Réflexion : Envoyés à servir

p. 13 - Nouvelles et liens d’intérêt

 

 

 

Message des responsables

 

Chers équipières, équipiers,

 

    Comme vous le savez, nous avons tous étés touchés de près ou de loin par le terrible tremblement de terre survenu en Haïti le 12 Janvier dernier. On connaît tous, directement ou indirectement, un frère ou une sœur qui a vécu et subi cette grande tragédie humaine.

    Certains peuvent interpréter cet événement extrêmement malheureux comme une indifférence complète de Dieu à l’égard d’un peuple durement éprouvé; et dire que si Dieu existait vraiment, ce genre de chose ne se produirait pas… D’autres peuvent avoir l’impression que la venue de ce tremblement de terre est peut–être due au fait que leurs prières du passé n’ont pas eu les résultats escomptés, et croient qu’il faut prier davantage plus fort, ou bien alors changer leur façon de prier pour ainsi éviter dans le futur pareille catastrophe.

On pourrait ainsi décrire plusieurs autres interprétations  ou conceptions variées de ce que fait Dieu pour nous et les autres… N’y a-t-il pas là une méconnaissance totale de ce Dieu que l’on dit amour et qui pourtant veut notre bonheur et notre bien ?

    Qui n’a pas entendu le poème suivant : ‘Dieu n’a pas de mains, il n’a que nos mains pour construire le monde d’aujourd’hui. Dieu n’a pas de pieds, il n’a que nos pieds pour conduire les hommes sur son chemin…‘ Ainsi s’exprime–t-il à travers le langage corporel de chaque être humain; à travers toute l’aide humanitaire, les bénévoles qui travaillent sans relâche pour aider à relever ce pays et alléger les souffrances. À travers tous ces gens qui ont donné et qui se donnent si généreusement, Dieu agit et appelle l’humanité à s’entraider, à faire DON DE SA PERSONNE.

    De fait, la vocation fondamentale et innée de chaque être humain qui est gravée sur notre cœur, est ce don d’amour que Dieu a inscrit en chacun de nous. Hélas, il arrive quelque fois que notre cœur soit plutôt un cœur de pierre. Gardons toujours à l’esprit que la véritable rencontre avec Dieu passe inévitablement par le contact et la rencontre des personnes que l’on côtoie à tous les jours.

    Au moment d’écrire ces lignes, la plupart d’entre vous aurez déjà reçu des intentions de prières concernant une équipière de Québec 3, dont la fille, Anne Labelle, était encore introuvable depuis le tremblement de terre. Nous remercions ceux qui ont répondu à cette intention et ont prié pour la famille. La dépouille de Anne a été retrouvée le 16 février dernier passé, et les proches peuvent maintenant vivre leur deuil…

 

Le mouvement des Equipes Notre-Dame est le lieu privilégié où peut se vivre la solidarité dans la prière.

 

Notre-Dame des Equipes, priez pour nous tous

 

Marlène Béland et Jacques Labrecque,

Couple responsable - secteur de Montréal

 

 

Fête patronale du 5 décembre 2009

 

Nous aimerions vous partager notre expérience vécue lors de notre ressourcement le 5 décembre passé. Nous avons retenu trois éléments majeurs.

 

   Le premier élément concerne le thème de cette rencontre, soit la signification du temps de  l’Avent et la préparation à la fête de Noël. Notre personne ressource était M. Jean-Chrysostome Zoloshi, curé à l’unité pastorale Bordeaux-Cartierville, conférencier et professeur au grand séminaire de Montréal. Il est originaire de la République Démocratique du Congo et réside au Québec depuis une quinzaine d’années. Il nous avait préparé un programme des plus intéressants. Nous avons appris un peu sur l’étymologie du mot avent, nous permettant ainsi de mieux comprendre le vrai sens de cette belle période de préparation à Noël. Selon les régions du monde et le temps de l’histoire, ce temps s’est vécu dans une attente joyeuse ou bien dans un esprit d’ascèse. De nos jours, il se vit dans un équilibre entre ces deux pôles, célébrant celui qui est venu un jour dans notre humanité, qui est là maintenant dans chacune de nos vies, et qui viendra à la fin de notre temps. Nous avons malheureusement manqué un peu de temps à la fin de l’entretien, pour approfondir un peu plus, les différents évangiles des quatre dimanches de l’Avent. Nous pourrons sûrement nous rattraper un peu, grâce à un résumé que M. Zoloshi voudra bien nous écrire prochainement, et qui paraîtra dans notre bulletin de secteur, à un moment opportun. Nous avons vécu de beaux moments en équipe brassées avec des questions très pertinentes de la part de notre personne ressource, telles que « lien entre l’Avent et notre sacrement de mariage », et « lien entre l’Avent et nos points concrets d’effort ».

 

   Le deuxième élément retenu est la participation accrue des jeunes couples au  ressourcement, dont certains sont venus en compagnie de leur enfants. Nous avons constaté que toutes les équipes du secteur étaient représentées et cela fut pour nous une belle récompense. Le service de gardiennage, offert sur place par des religieuses de l’IFHIM ¹ ainsi qu’un jeune homme de 19 ans, fils d’équipiers présents, fut positif et apprécié des jeunes familles.

 

   La messe familiale de clôture avait un caractère particulier, avec la venue de tous les jeunes enfants et des gardiens et gardiennes  qui ont rejoint le groupe et enveloppé celui-ci d’une chaleur palpable.

 

 Quelques faits cocasses ont donné une couleur particulière à cette rencontre. Par exemple : quelqu’un nous faisait remarquer que c’était la première fois qu’il voyait une religieuse portant voile et habit, aux commandes d’une poussette avec un bébé. Les couples plus âgés furent émerveillés de constater cette participation accrue de jeunes familles - pour la première fois, il y avait plus de jeunes couples que de couples anciens, et ils n’ont pas manqué de le souligner. Ce beau moment passé nous a fortifiés dans le service et le don pour nos frères et sœurs.

 

Marlène Béland et Jacques Labrecque,

Responsables du secteur de Montréal - ÉND

 

¹ Institut de Formation Humain Intégrale de Montréal

 

 

 

Résumé de la journée de travail

 

Par secteur, et avec d’autres couples de la région Canada, nous avons eu l’occasion d’échanger sur un document de travail élaboré par la région Canada. Il s’agit d’une planification stratégique de 2009 à 2012, pour une vision commune et à long terme de l’avenir du mouvement au Canada. Suite à une analyse de la mission, des valeurs, de l’environnement externe ainsi que des forces et des faiblesses du mouvement des ÉND, il s’en est dégagé un plan d’action avec trois orientations ou actions majeures :

 

1.     Approfondir le charisme de ÉND

2.     Faire connaître les ÉND

3.     Développer le mouvement au Canada

 

Il y eut des discussions par secteur dans le but de trouver des actions concrètes à faire chez-nous. Nous étions seulement 4 couples du secteur de Montréal, mais l’échange fut enrichissant et productif. Merci à ceux qui ont bien voulu se déplacer pour cette journée. Voici un bref résumé de ce qui est ressorti ; certaines idées ont déjà été réalisées, d’autres sont encore à faire.

 

1. Approfondir le charisme des END

 

1.1 Développer une meilleure connaissance des écrits du P. Caffarel

-  Dans notre bulletin La vie... la vie, référence au site internet de France Suisse-Luxembourg, pour l’onglet « prière de la semaine », où l’on peut trouver un texte du P. Caffarel, une méditation, une prière, etc.

-  Quelques exemplaires du thème d’étude des écrits du P. Caffarel étaient disponibles à notre fête patronale du 5 décembre dernier.

 

1.2 Approfondir l’esprit du service, entre autres par l’étude des conférences de Carlo et Maria-Carla Volpini

-  Nous sommes allés quand, par le passé, il y eut des rencontres suscitées par l’Office de la famille de Montréal.

-  Envoyer par courriel aux équipiers du secteur, l’intégrale de la conférence des Volpini. C’est à faire…

 

1.3 Points concrets d’effort

-  Un livret sur le partage des points concrets d’effort, et un autre sur le devoir de s’asseoir, étaient disponibles le 5 décembre dernier. Ils ont été pris par les équipiers.

-  Faire une chronique sur les points concrets d’effort dans le bulletin du secteur, tout au cours de l’année. C’est à faire…

 

1.4 Retravailler les composantes de la réunion mensuelle d’équipe

Rien à signaler pour l’instant.

 

1.5 Contribuer par des écrits, des témoignages, des réflexions au bulletin de notre secteur et à la Lettre-Canada.

Nous le faisons déjà au niveau de notre bulletin.

 

1.6 Créer une équipe qui a pour mandat de développer une meilleure connaissance des écrits de figures significatives de l’Église, comme ceux du père Caffarel, Jean-Paul II, etc.

Cela correspond plutôt au niveau régional. Par contre, au niveau du secteur, il y a un sujet intéressant qui est traité en ce moment: la théologie du corps de Jean-Paul II. Plusieurs fin de semaines sont données à ce propos, à Montréal. Peut-être que des personnes ressources pourraient venir nous en parler lors d’un ressourcement ultérieur.

 

2. Faire connaître les END

 

2.1 Table provinciale de la pastorale familiale au Québec

Ceci concerne le niveau régional.

 

2.2 Rencontrer les responsables pastoraux

-  Nous sommes allés quand, par le passé, il y eut des rencontres suscitées par l’Office de la famille de Montréal.

-  Au diocèse de Valleyfield, tout est à faire au niveau des couples et des familles, et des ressources pour couples mariés. Un comité diocésain vient de se former. Le 26 janvier dernier, avait lieu une soirée pour les futurs mariés du diocèse, avec félicitations, un partage, etc. Nous étions présents pour parler du mouvement des END. Nous avons laissé des dépliants.

-  Nous sommes en contact fréquemment avec le diacre responsable du dossier Couples et  familles au diocèse de Valleyfield.

- Il existe le besoin de nommer des délégués de notre secteur pour être présents à ce genre de rencontre. Les responsables de secteur manquent de temps ou de disponibilité. C’est à faire…

 

2.3 Rencontrer un représentant de la Conférence des évêques catholiques du  Canada

Ceci concerne le niveau régional.

 

2.4 Valoriser la participation d’équipiers à des activités pastorales, paroissiales et diocésaines  Quand nous recevons des invitations à des événements provenant entre autres de l’Office de la famille de Montréal, ou d’autres organismes, nous transmettons l’invitation aux responsables d’équipe, qui, au besoin ou selon l’intérêt, transmettent l’information à leurs équipiers.

 

2.5 Outils promotionnels…

À notre fête patronale du 5 décembre dernier, nous avons rendu disponibles quelques exemplaires d’un petit «kit».  Cela, afin que chacun de nous, fasse la promotion des END dans notre paroisse ou quartier, lors du mois de janvier, le mois des Équipes. Ce «kit» était destiné d’abord à ceux qui n’ont pas internet, ou bien à ceux qui n’ont pas la facilité d’imprimer des documents. Cet outil a aussi été envoyé par courriel en décembre, à tous les équipiers du secteur.

C’est à suivre.

 

2.6 Rejoindre les équipes de préparation au mariage

Contacter les responsables du secteur préparation au mariage dans les diocèses de la région de Montréal afin d’obtenir les courriels des divers responsables de comités de préparation au mariage dans la grande région de Montréal. Ceci, en vue de leur envoyer notre documentation et leur parler de notre mouvement.

C’est à faire… nous nous y employons incessamment.

 

2.7 Médias religieux

Nous pourrions peut-être contacter Radio Ville-Marie pour voir si une entrevue sur les END serait appropriée dans l’une de leurs émissions. Cependant, placer une annonce à propos des END, pendant une longue période, serait trop dispendieuse.

 

3. Développer le mouvement au Canada

 

3.1 Rencontre de L’ERI octobre 2010

Cela concerne le niveau régional.

 

3.2 Liaison dans les secteurs et au niveau de la région

- Nous rendons disponible aux autres secteurs et à la région, nos dates de ressourcements.

- Le bulletin La vie... la vie est maintenant transmis aux autres secteurs francophones et à l’équipe régionale.

- Le bulletin du secteur de Montréal est maintenant disponible sur le site internet de la région Canada.

 

3.3 Nouvelles équipes

Heureusement pour nous à Montréal, ça va bien en ce moment. Nous gérons de la croissance. Il s’agit maintenant de faire les suivis entamés déjà, de garder le contact avec les gens qui se sont montrés intéressés ou qui sont en réflexion à propos du mouvement.

 

3.4 Super-Région Canada

Cela concerne le niveau régional.

 

3.5 Équipe régionale responsable de la formation

Cela concerne le niveau régional. C’est déjà en marche.

 

3.6 Recruter et former des couples pilotes

Au secteur de Montréal, les couples anciens qui ont déjà un peu piloté, le font au besoin lorsque les responsables de secteur ne sont pas disponibles. Nous n’avons pas nécessairement eu de formation pour cela, car nous avons le document de pilotage d’équipe de première année. Par contre, nous manquons de ressources humaines pour piloter les nouvelles équipes sur plusieurs réunions. Nous faisons deux ou trois réunions et gardons le contact avec les responsables de la nouvelle équipe.

Cela est à suivre.

 

3.7 Équipe régionale responsable de l’information

Cela concerne le niveau régional.

   

 

 

Rapport financier

Envoyés à servir

par Maria Carla et Carlo Volpini ¹

 

            Voilà notre première relation en qualité de responsables ERI : vous pouvez donc imaginer notre émotion et surtout notre crainte de ne pas réussir à parler à vos esprits et à vos coeurs… parce que, vous voyez, aucun de nous n’est conférencier de profession et alors, pour savoir communiquer des choses, même des choses qui peuvent avoir une valeur sur le plan théorique, il faut que nous apprenons tous à parler avec un langage qui nous fasse sentir proches. Proches parce que nous avons tous en commun l’expérience de la foi, proches parce que nous avons tous en commun le choix du sacrement du mariage, proches parce que nous avons tous en commun une spiritualité conjugale à vivre sur le chemin que nous avons choisi du Mouvement END. Ce sentiment de communion qui nous rend proches nous invite à parler avec une plus grande confiance parce que nous savons que vous ne vous attendez pas de nous à une conférence, mais simplement à un partage de nos idées et de notre vie.

 

            Comme nous avons parlé de nos idées et de notre vie, une prémisse est nécessaire. Justement parce que nous ne sommes pas des conférenciers de profession, et moins encore des théologiens, en parlant à autrui nous pouvons seulement accompagner nos réflexions sur la Parole de Dieu avec de petits morceaux de notre vie : nous pensons que c’est le seul moyen possible pour nous faire comprendre et pour faire comprendre que le Seigneur est toujours présent, dans tous nos jours, et que seulement en le cherchant dans le quotidien nous pouvons espérer de le rejoindre dans les cieux aussi. C’est pour ça que notre relation est à deux voix : moi je parle de nos pensées et de nos considérations, tandis que c’est à Carlo de rapporter quelques morceaux de vie, quelques scènes vécues, quelques jours et quelques histoires qui font partie de notre vie ensemble.

            Et maintenant nous commençons en disant que pour parler de service il faut avant tout réfléchir sur la Parole, parce que notre service a un sens seulement s’il est fondé sur la Parole, seulement s’il est vécu dans l’Esprit de la Parole, autrement le service aussi reste un engagement tout à fait humain ; louable quand même, si nous réussissons à l’accomplir sans une arrière-pensée, libres de toute ambiguïté ; moins valable si au contraire, derrière l’offre du service, il y a un sentiment plus ou moins caché d’envie de parade, d’occasion à saisir, d’arrogance. Le service dans l’Esprit du Seigneur nous aide à nous libérer de ces tentations et permet que, par  nous, l’oeuvre du Père soit accomplie.

           

            Les références évangéliques au service sont nombreuses, quelques unes très claires et explicites, mais nous avons été pris par un petit passage de l’Évangile de Jean qui semble apparemment ne pas avoir un sens spécifique par rapport au sujet de notre relation.

Voilà l’Évangile de Jean sur lequel nous voulons réfléchir pour comprendre le sens profond du service : « Pierre alors se retourne et aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait (...). En le voyant, Pierre dit à Jésus : ‘Et lui, Seigneur ?’ Jésus lui répond : ‘S’il me plait qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi’ ». (Jn 21, 20-22)

            Il faut chercher avant tout à comprendre la situation du contexte : Jésus, après être ressuscité, est déjà apparu aux disciples et maintenant, après avoir mangé avec eux, vient de demander trois fois à Pierre s’il l’aimait et seulement après les affirmations répétées du disciple sur l’intensité de son amour pour lui, il lui confirme la charge pastorale par excellence « pais mes brebis ». À ce point, Pierre, qui s’est aperçu de la présence du disciple que Jésus aimait, lui demande ce qui lui arriverait et la réponse de Jésus, plutôt aigre et dure, nous laisse un peu interdits : « Que t’importe ? Toi, suis-moi ».

            Sur la scène il y a trois personnages : Pierre, Jésus et le disciple qu’il aimait ; un dialogue bref, une question de Pierre qui à nos yeux ne semble pas si incorrecte, une réponse de Jésus qui n’admet pas de répliques, le silence plein de l’autre disciple qui semble vivre en spectateur cette situation, tandis qu’il est au centre de l’attention soit de Pierre soit de Jésus. Pierre vient d’être choisi parmi tous les apôtres de Jésus pour paître ses brebis, pour être berger comme lui, pour prendre l’engagement le plus important qu’on pourrait imaginer et le climat devrait être relax et joyeux... par contre Pierre, déjà triste parce que Jésus lui a demandé trois fois s’il l’aimait comme s’il ne se fiait pas à son amour, est maintenant même repris et reproché. Parmi eux le disciple que Jésus aimait, mais aucune charge, aucune tâche n’est lui donnée, Jésus ne l’a pas choisi pour paître ses brebis, Il ne lui parle même pas et il reste en silence.

            Jésus a retrouvé ses apôtres, il a mangé avec ses amis, pourquoi tant d’âpreté dans sa réponse ? Le dialogue est source d’incompréhension, le climat est tendu... exactement comme il nous arrive beaucoup de fois quand des sentiments différents ne créent pas une rencontre sereine.

 

            « Je suis rentré à la maison avec l’envie de te voir, c’est un désir nouveau qui rend nouveaux les gestes de chaque jour... quand j’étais en voiture je pensais à la possibilité d’une tranquille soirée ensemble... si nos fils sont dehors pour leurs engagements, nous pouvons peut-être dîner de façon plus expéditive et puis nous asseoir au salon et bavarder, si le téléphone ne sonnera pas trop nous pourrions reprendre et approfondir ce discours que nous avons laissé à moitié, s’il y a un gâteau dans le réfrigérateur nous pouvons le savourer la télé éteinte, en jouissant de notre présence réciproque. Si, si, combien de si... mais je n’avais pas prévu  la réalité : je t’ai trouvée nerveuse et irascible, peut-être une plus grande fatigue ou quelque chose qui n’est pas allée au mieux pendant la journée a créé en toi un état d’âme inquiet et peu accueillant ; le climat à la maison n’est pas comme j’avais pensé... tu n’as pas envie de parler, nous dînons en silence et la télé est allumée pour créer une voix de compagnie, ce discours laissé à moitié n’est pas repris, et si le téléphone ne sonne pas, tu en profite pour donner des coups de fil qui étaient restés en suspens. Quel dommage cette discordance de sentiments qui rend banale une soirée qui aurait pu nous donner quelque chose davantage en amitié, partage, profondeur !

            Et qu’il est facile que cela se passe ! Que de fois notre attitude, l’un envers l’autre ou tous les deux à l’égard des autres, est joyeuse et nous nous heurtons avec une réalité différente en restant déçus et perplexes : comment, moi qui avais pensé à tant de choses... à dire ces mots là, à proposer ces initiatives là... sûr de faire la chose la meilleure... quelle ingratitude, quelle déception... Mais ce soir je comprends ta fatigue, j’accepte ta dureté parce que mon amour contient tes faiblesses aussi et je reste à ton côté... comme Pierre qui accepte le reproche de Jésus, comme le disciple aimé par le Christ qui en silence continue à être à son côté, comme Jésus même, peut-être irrité parce que les disciples continuent à ne pas comprendre et malgré cela il confie à un parmi eux la mission la plus grande ».

 

            Le service est souvent occasion d’incompréhension : quelquefois nous consacrons notre temps et nos énergies à projeter des choses que nous offrons avec enthousiasme, sûrs que la réponse de ceux qui vont accueillir nos propositions nous repayera de toute peine. Mais cela n’est pas certain, au contraire les réponses sont parfois froides, indifférentes, elles tendent à renvoyer et à laisser tomber l’initiative et nous sommes tentés de laisser tomber tout, en considérant qu’il ne vaut pas la peine de s’engager pour les autres, car personne ne vient en ton aide ni te soutient.

            Mais celui-ci n’est pas l’authentique esprit de service, qui doit au contraire être accompagné par la conscience qu’à ce moment là c’est à nous qu’il appartient de comprendre, de dépassionner en essayant de comprendre les vrais besoins et les états d’âme réels de ceux qui sont à notre côté, de recoudre les petites et grandes déchirures qui se sont passées dans le cadre de communications manquées. La première nécessité du service est justement la conscience que nous ne servons pas nous-mêmes, notre façon d’être, nos projets ; nous avons été appelés au service des autres et c’est envers eux que notre engagement de compréhension et d’action doit s’orienter.

            Comprendre est un verbe qui nous pousse hors de nous-mêmes et ceci doit être notre premier objectif : nous efforcer de comprendre même quand les choses nous semblent difficiles, ou peut-être même douter si au contraire tout apparaît trop clair, comprendre ce qu’il y a derrière une réponse, une attitude, comprendre justement comme nous cherchons à faire ensemble maintenant avec les trois personnages de ce tableau évangélique, pour trouver la clef de lecture de ce qui nous semble peu clair, pour chercher le sens de ce qui subjectivement résulte parfois sans logique ou source de perplexité.

           

            Essayons de comprendre Pierre davantage : il est triste parce que Jésus lui a posé trois fois la même question : m’aimes-tu ? Et il ne sait plus quoi dire ou faire pour convaincre son Seigneur... Mais Pierre a peut-être oublié qu’il y a peu de temps il a renié trois fois son amour pour Jésus, en niant même de le connaître.

            Ou peut-être Pierre rappelle bien sa trahison et en effet son attitude n’exprime plus l’assurance et la présomption d’après la cène, quand il avait dit avec insistance : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort ». Mais ensuite il l’avait trahi et renié trois fois. Maintenant l’assurance a cédé la place à la tristesse et à une attitude moins hardie : il a la conscience de sa faiblesse ; alors la peur lui avait fait oublié l’amour et maintenant il ne sait plus comment reconquérir la confiance de son Dieu.

            Nous ne mettons pas en doute la sincérité de l’amour de Pierre, de même que nous croyons à sa tristesse pour sa trahison ; malgré cela Pierre, tout en suivant Jésus un peu abattu et perplexe, ne peut pas s’empêcher de lui demander encore quelque chose, mais il « ne » demande pas d’autres explications sur l’engagement qu’on lui vient de donner et il ne remercie pas pour la confiance qu’on lui a montré, il demande plutôt ce qui arriverait au disciple que Jésus aimait et qui est avec eux, en provoquant la réponse de Jésus que nous connaissons.

            Qu’est–ce qui a poussé Pierre à poser cette question là ? Peut-être un sentiment caché de jalousie : qu’est-ce que tu réserves à celui que tu aimes et qui ne t’a jamais trahi ? Quelle sera sa tâche ? Ou peut-être la peur de devoir affronter seul un service si important et alors il souhaite un appui  pour partager la responsabilité reçue.

          Ou on peut penser à un sentiment de souci de Pierre pour son ami, pour ce disciple que Jésus aimait et qui n’avait reçu aucune tâche, un sentiment de soin en faveur d’un autre.  « Seigneur, si tu n’as pas pensé à lui, j’y penserai moi ! »

        On peut enfin interpréter la question de Pierre comme une tentation d’en savoir davantage, de vouloir de quelque façon contrôler ce qu’il se passait, de vouloir gérer la situation : « Je connais ce qui a été demandé à moi, mais je veux savoir de l’autre aussi... » Aucune de ces hypothèses ne trouve faveur auprès de Jésus, qui répond à Pierre plutôt durement ; et si ce fût comme cela pour nous aussi quand on nous demande un engagement ? Ne pourrions-nous avoir la même tentation de Pierre en essayant de nous dérober à une responsabilité directe, de trouver quelqu’un pour partager l’inévitable fatigue, ou bien de connaître ce qui en réalité ne nous concerne pas personnellement ? Et ne pourrions-nous alors recevoir la même réponse de Jésus : «que t’importe ? »

                             

         « Tu es rentrée contrariée à la fin de ton après-midi dans la maison de premier accueil, où tu fais du volontariat avec les filles qui n’ont pas d’autre lieu de repère. Tu me dis que tu as eu une discussion animée avec la responsable. Tu me parles d’une fille en particulier que tu suis : Yoceline, âgée de 19 ans, est une très jeune sud-américaine arrêtée par la police aussitôt qu’elle est descendue de l’avion parce qu’elle détenait une grande quantité de drogue ; elle a été immédiatement transférée à la prison où elle a subi la terrible expérience de la violence et maintenant elle est dans cette maison d’accueil étourdie, apeurée, menacée par ses « protecteurs », loin de sa famille, trahie par sa mère qui l’a impliquée dans cette histoire et a dit ensuite, par peur, qu’elle ne la connaissait pas et l’a abandonnée à elle-même.

         Je sens que tu aimes particulièrement cette fille parce que, malgré ses vicissitudes, elle te semble fragile, seule, presque une fillette, et tu fais la comparaison avec l’assurance, la protection, l’amour dont nos fils, du même âge, jouissent. Tu as établi avec elle un rapport différent qu’avec les autres filles, tu as longuement parlé avec elle et peut-être tu la connais mieux, tu as fait pour elle des projets qui toutefois ne correspondent pas aux projets de la responsable de la maison.

Tu me dis qu’il te semble inopportun et surtout inutile de faire ce qu’elle t’a demandé, tandis que tu penses qu’on pourrait faire mieux et davantage. Tu es très enragée pour ce contraste et me dis qu’il est peut-être inutile de gaspiller son temps de cette façon.

        Je ne sais pas qui a raison, même si je penche spontanément pour me ranger de ton côté, mais je t’invite à te calmer, à réfléchir, à ne pas prendre des décisions qui procureraient quand même des ruptures. Il est facile pour toi de faire des projets, de prendre des initiatives, tout te semble possible, faisable, réalisable... mais parfois tu ne comprends pas que cela peut signifier te substituer à quelqu’un d’autre qui a ses projets, ses raisons, ses initiatives et ses responsabilités. Peut-être Yoceline n’a pas besoin à ce moment des choses que tu lui proposes, peut-être elle a besoin seulement de quelqu’un  à son côté, qui lui fasse compagnie dans l’attente de son procès, qui partage sa solitude, peut-être elle a besoin de silence et non pas de mots, de pause et non pas d’action, peut-être ça veut dire faire ce que la responsable t’a demandé : passer ton temps avec elle voir les telenovelas qu’elle aime tellement, même s’il te semble une chose inutile, même si, quand tu es à l’école, tu cherches à faire comprendre à tes élèves que cela c’est gaspiller son temps, même si pour toi, je sais, c’est terriblement fatigant de passer tant d’heures devant la télé... Et bien, ne fais pas comme Pierre qui veut voir plus loin, qui veut se préoccuper et s’occuper d’autres et ultérieures choses, qui veut presque se substituer à son Maître pour faire des projets et des programme ; le disciple qui suit en silence est peut-être une plus forte sûreté pour Jésus et un exemple pour toi ».

                             

         Il y a d’ailleurs ce personnage emblématique mais qui n’a pas de nom, un personnage réel mais indéfini, il semble être le centre de la question entre Pierre et Jésus, pourtant il reste en silence : c’est le disciple que Jésus aimait, c’est celui qui, sans identité, est présent en d’autres épisodes évangéliques aussi. Sans nom, il est avec Jésus dans la Cène (Jn 13, 23-24) et il est assis à table à Son côté ; sans nom, il est encore dans le palais du grand prêtre (Jn 18,15-16) peu avant la trahison de Pierre ; sans nom, nous le trouvons enfin aux pieds de la croix (Jn 19, 25-27) à côté de la mère de Jésus... Sans nom, mais toujours présent à côté de Jésus en esprit de grand amour, de grande amitié, de grande disponibilité.

     Cet homme n’a jamais été appelé avec son nom, tous les spécialistes bibliques sont d’accord pour l’identifier avec Jean, mais dans les Évangiles il est toujours défini comme « le disciple que Jésus aimait » : est-ce seulement un cas cette non-définition ou faut-il penser à une raison précise, à un motif qui doit nous faire comprendre quelque chose davantage ?

 

¹ SESSION INTERNATIONALE DE FORMATION DES COUPLES RESPONSABLES RÉGIONAUX - LOURDES 21/24 septembre 2006.

 

Nouvelles

 

L’équipe Montréal 21 nous fait savoir que Réal Gauthier a été victime d’une attaque cardiaque le 23 février dernier. Il a été opéré pour des pontages le jour suivant. Il se porte très bien mais sa femme Michèle dit qu’il l’a échappé bel.

 

Montréal 22

Nous voulons mentionner le départ de Jean-Léon Beaudoin, mari de Jacqueline Bélanger, le 1er janvier dernier. Jean a fait partie de notre équipe depuis 1990. Sa participation a toujours été très pertinente. Notre équipe existait déjà depuis plus de 20 ans mais l’adopter fut facile et enrichissant pour tous. Il y a quelques mois (février 2009), La vie... la vie nous présentait un long reportage sur son fils Luc Beaudoin qui a reçu l’ordination en juin 2006.

Nos sincères condoléances et union de prières à Jacqueline et sa famille.

 

Montréal 36

Montréal 36 continue à se rencontrer dans un modèle d'équipe centré autour du partage de l'Eucharistie et des textes bibliques s'y rattachant. Un des nôtres, Viateur Ravary, a atteint l'âge vénérable de 90 ans.

 

Montréal 38

Les 7 péchés capitaux, un thème sur lequel nous avons beaucoup à partager! Notre équipe a choisi les 7 péchés capitaux comme thème cette année, avec pour trame de lecture le livre du père Pascal Ide et les questions des END sur ce sujet. Comme nous sommes très contents de notre choix, nous nous permettons de vous partager ici quelques lignes à ce sujet.

Tout d'abord, le livre est très accessible et est écrit avec beaucoup d'humour. Comportant un chapitre par péché capital, vous aurez vite compris qu'il est parfait pour notre rythme, avec un chapitre étudié entre chaque rencontre d'équipe. 

Le contenu est très concret, et permet de bien discerner ce qu'est un péché, ce qui pour plusieurs d'entre nous n'est pas toujours une notion facile à saisir. De nombreux exemples du quotidien, références cinématographiques, etc. sont utilisées et rendent le contenu très "réel". De plus, les questions formulées par les END sont peu nombreuses, simples et ouvertes, ce qui permet donc d'engager facilement le débat autour de la table, chacun ayant beaucoup à partager.

Les regards différents apportés par chacun donnent lieu à un échange très enrichissant. Le père Jean Courville apporte également un éclairage spirituel aux discussions en nous partageant le point de vue de l'Église sur certaines questions pointues (ex: la luxure, l'avarice).

Ce livre porte sur le péché, mais ne s'arrête pas au péché. Il propose de belles pistes de progression, donne une vision positive et confiante qui nous invite à grandir en sainteté, sous le regard de Dieu: il s'agit d'approfondir le péché, pour ainsi mieux s'ouvrir à la miséricorde de Dieu "car si le pardon est une grâce, la grâce des grâces c'est de savoir de quoi on est pardonné".

Au final, c'est un thème qui nous concerne tous, qui donne lieu à de beaux échanges dans notre équipe, c'est pourquoi nous vous encourageons à le choisir l'année prochaine!

 

Ottawa 1

Notre équipe poursuit son petit bonhomme de chemin depuis 13 ans déjà. Nous sommes présentement quatre couples plus notre conseiller spirituel, le père Denis Dancause, o.m.i., homme de paix et de grande qualité de présence et d’écoute. Nous avons choisi pour thème cette année les Textes choisis du Père Caffarel.

Nous prévoyons, comme par les années passées, prendre le temps d’une retraite d’équipe – généralement une journée complète - au cours de laquelle le père Dancause nous propose quelques causeries suivies de temps de réflexion en couple, sur un thème de son cru, mais toujours pertinent et apprécié de tous.  Cette journée culmine avec l’Eucharistie.

Pas de grands événements à signaler. Nos mises en commun sont faites des petites morts et des petites résurrections de toute vie. Plusieurs de nos équipiers sont très impliqués dans la vie de l’Église (Claude, diacre permanent, Dominique, très engagée dans la pastorale auprès des petits, François, conseiller principal en justice sociale à la Conférence des évêques catholiques du Canada), ou la vie communautaire (Viviane, animatrice guide). Notre conseiller spirituel est aussi professeur en missiologie, à l’Université St-Paul d’Ottawa.

Quant aux autres membres, incluant votre humble servante, ils s’efforcent d’accueillir chaque jour la vie dans tout ce qu’elle a à offrir, qu’il s’agisse des joies d’être grand-parents, du sentiment du travail productif, du bonheur de chanter de la musique sacrée, ou de celui des rencontres qui nourrissent le cœur et l’âme.

 

Magnificat,

 

Michelle Leblanc - END Ottawa

 

Louise et Yvon Boucher d’Estrie

Bonjour à vous... nous vous invitons ainsi que les équipiers de votre secteur à participer à notre journée de ressourcement le dimanche 21 mars 2010. Notre conférencier sera M. Jacques Gauthier, animateur de l’émission « Le jour du Seigneur » à Radio Canada.

Professeur à l’université Saint-Paul d’Ottawa et auteur de plusieurs livres, il nous aidera à développer ensemble deux points concrets d’efforts : la prière en couple  et l’oraison.

La journée se terminera par une célébration eucharistique vers 15h30.

Comme un buffet sera servi sur place pour le dîner, nous vous demandons de confirmer votre présence au plus tard le 5 mars. Nous suggérons une contribution de 10.00$ par personne. Vous pouvez faire votre chèque à l’ordre des E.N.D. secteur Estrie et le poster avec votre réservation à l’adresse suivant :

 

Louise et Yvon Boucher

519 La Fontaine #2

Sherbrooke, Québec

J1G 1G4

 

Nous serons présents pour vous accueillir dès 9h afin de commencer le ressourcement à 9h30. S’il y a quelque chose, téléphonez, ça nous fera plaisir - 819-821-0075 - Au plaisir de vous accueillir en grand nombre!

Union de prières

 

Louise et Yvon

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*  Claire Lutz est formatrice et intervenante clinique à l’Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal (IFHIM)

*  José I. Sierra est rédacteur en chef de la revue UNIVERS et responsable des communications aux Oeuvres pontificales missionnaires (OPM Canada - secteur francophone)

 

Pour plus d’informations, nous vous invitons à communiquer avec nous par courriel ou à consulter les sites ici-bas.

 

Liens d’intérêt

 

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